De quoi s'agit-il ? La violence consiste à vouloir le contrôle et le pouvoir sur l’autre en mettant tout en oeuvre pour arriver à ses fins. Elle peut se manifester sous différentes formes.Minimiser la situation ou l’assimiler à une opposition constructive pour le couple (les conflits, les divergences d’opinions, les disputes que connaissent tous les couples) est souvent évoqué par les victimes, l’entourage et surtout par l’auteure pour ne pas se confronter à la réalité. Quelles violences ? La violence physiqueEnsemble des atteintes physiques portées à l’autre: gifler, taper, frapper, empoigner, donner des coups de pied, des coups de poing, frapper avec un objet. Les violences psychologiques Toute menace ou action qui porte atteinte à l’intégrité psychique ou mentale de l’autre (son estime de soi, sa confiance en soi, son identité personnelle, etc.). Cela peut se présenter de façon évidente comme dans le cas des insultes, mais le plus souvent, les violences psychiques sont difficiles à déceler: - énoncer des remarques vexantes, des critiques non fondées ou faire subir une jalousie tyrannique, violente, brutale, répétée, - critiquer de façon permanente les pensées ou les actes de l’autre, - se présenter comme celle qui détient toujours "la vérité", qui sait tout, - inférioriser l’autre, lui dicter son comportement, le choix de ses ami-e-s. L’outing ou la menace de révéler l’homosexualité à la famille, à l’entourage ou au milieu professionnel constitue une violence spécifique aux couples de même sexe, conséquence directe de l’homophobie ambiante. Les violences sexuelles consistent à imposer un désir sexuel à sa partenaire, faire subir des coups et/ou des brûlures aux organes génitaux ou aux zones érogènes. C’est aussi infliger, à des fins sexuelles, de la souffrance sans le consentement de la personne, obliger l’autre à des actes sexuels non protégés. Le viol entre femmes existe même s’il en est rarement fait état. La violence économique (gérer ou voler l’argent de sa partenaire) est une autre forme de violence qui peut être rattachée aux violences psychiques: interdire d’acheter sans son consentement, faire opposition sur le compte joint ou contracter des dettes pour rendre impossible la séparation. Les violences envers les animaux et les objets En plus d’être des violences injustifiées en elles-mêmes, les atteintes aux animaux domestiques ou aux objets sont souvent recherchées pour faire peur en s’attaquant à des êtres ou à des objets qui ont une valeur affective pour l’autre. Le cycle de la violence5 Les violences peuvent se développer selon un schéma "cyclique" qui va des agressions psychologiques aux violences verbales, voire jusqu’à l’agression physique.Les violences surviennent dans des périodes d’escalade de tension mais peuvent aussi bien se produire brutalement et sans avertissement. Les phases d’escalade sont une véritable source d’angoisse pour la victime qui, pour éviter l’explosion de la violence, met tout en oeuvre pour maintenir l’équilibre dans la relation (multiplication des attentions, évitement de toute contrariété à sa partenaire, effacement). La phase d’explosion de la violence peut survenir à partir du moindre incident et se termine notamment avec l’épuisement physique et émotionnel de l’auteure ou de la victime. C’est le plus souvent à ce moment que la victime va rechercher de l’aide, du soutien mais aussi qu’elle peut traduire la violence ressentie par des malaises, de la dépression, une mauvaise estime de soi, etc. Dans la partie du cycle appelée "rémission", l’auteure va vouloir se faire pardonner ou tenter de culpabiliser la victime pour ne pas la perdre. Le couple rentre alors dans une période de "lune de miel", redonnant espoir à la victime que les choses vont s’arranger. Plus le cycle se répète, plus la période "lune de miel" est courte, plus la victime perd pied et n’arrive pas à réagir. Que dit la loi ? La loi (n°2006-399) du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou contre les mineurs reconnait comme délit aggravé la violence entre personnes liées par un pacte civil de solidarité (Pacs), tout comme c'était déjà le cas pour les violences entre conjoints ou concubins hétérosexuels.Dans le cadre du Pacs, l’imputation d’une faute n’est pas une nécessité pour rompre le contrat. La volonté unilatérale de l’une des partenaires suffit. Néanmoins, pacsée ou non, la loi vous permet de déposer une main courante ou de porter plainte (pour menaces ou coups et blessures par exemple). 5 CHESLAY L; MAC AULAY D; RISTOCK J; révisé par STEWART C; La violence dans les relations lesbiennes: informations et ressources; Ottawa; Centre national d’information sur la violence dans la famille; 1998 <<< retour |
"Une engueulade puis pour la première fois des coups sont partis. Je veux toujours avoir le dernier mot. Très souvent, je la provoque jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus se contrôler. Elle se met à hurler en jetant des objets. D'habitude je reprends "le contrôle" de la situation et nous finissons au lit... Mais pas là... Je culpabilise énormément et je ne sais quoi faire pour résoudre ce problème, je suis complètement perdue." (Virginie) "Pendant des années j'ai vécu des relations violentes. Violence psychologique, verbale et physique. J'étais moi aussi violente. J'ai frappé, craché à la figure, cassé des objets, injurié, menacé de tuer ou de me suicider... Il y a 6 ans, j'en ai eu assez et j'ai commencé à comprendre que j'avais, MOI AUSSI, un problème de violence (on peut être victime et agresseur, l'un n'empêche pas l'autre)." (Marjorie) "Violences au sein d'un couple lesbien ? Non ça ne peut exister. Deux femmes ne peuvent pas en venir aux mains. C'est impossible ; ça va à l'encontre même de l'idée que je me fais de l'amour entre deux femmes. Mais hélas pour ma première expérience, j'en ai sans doute fait les frais..." (Béatrice) lire la suite |
| suite du témoignage de Béatrice...
"Une fois mon diplôme en poche, à moi de vivre. C'est ainsi que je décidais de me porter là où il y aurait
du travail pour avoir un job, un appartement et surtout une "petite" femme.
Et pourtant mon dernier souhait c'est transformé en véritable cauchemar. En effet, ça été dur car pour ma première expérience, je ne pouvais me confier à quiconque. Je n'avais pas encore fait mon coming out. Le pire c'est que le rapport de chantage ("je vais le dire à tout le monde") a été si fort que je ne pouvais plus rien faire pour m'en sortir. Evidemment c'est venu au fur et à mesure bien que j'avais décelé déjà quelques réactions violentes. Et puis ce rapport a laissé place à celui de violence verbale ("tu n'es qu'une merde. Tu ne sais rien faire") et physique (une gifle par ci et une grande gifle par là. Oh ma lentille a volé à terre!!!). De quoi sans doute rire! oh non c'est comme une douleur qui monte en moi. Qui voudrait exploser. Alors moi aussi j'ai répliqué par un coup. J'ai pris mes cliques et mes claques et hop... Bien sur que c'est un résumé, bien sur que ça a duré plus d'un an. Mais aujourd'hui tout va bien, et ce que je me faisais de l'idée de l'amour entre deux femmes, de cette douceur et de cette sensualité, je l'ai enfin trouvé. On peut toujours tiré du bon dans le mauvais paraît-il. J'aurai voulu ne pas connaître ce "mauvais là"." |
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