Les facteurs d'une vulnérabilité spécifique

Mme Sandrine MUSSO - Institut de Médecine et d'Epidémiologie Africaines et Tropicales (Marseille)

 

SOMMAIRE

Introduction

Quelques remarques sur certaines formes de catégorisation à l'oeuvre dans l'épidémie

Les contraintes contextuelles spécifiques liées à la question du phénomène migratoire au sein des inégalités sociales

Les thèmes des ateliers les femmes, les foyers et les jeunes

Vrais enjeux et faux problèmes

Bibliographie

 

Il est de coutume d'avancer que le silence a longtemps prévalu sur la question des liens entre immigration et épidémie à VIH (Fassin, 1999), du fait de la crainte compréhensible de stigmatisation de ces populations, les immigrés étant, dans les actions publiques "logés dans une zone d'ombre en vertu d'une politique de bienséance" (Guyard, 1995). C'est pourquoi il convient d'abord de souligner l'événement constitué par cette journée organisée par le réseau national des CRIPS, paradigmatique d'évolutions qui se font jour dans cette "arrière-boutique" (Guyard, 1995).

 De nombreuses évolutions ont en effet eu lieu depuis 1995. Certaines ont trait à l'épidémie à VIH/sida : elles concernent de manière non exhaustive l'arrivée de thérapies efficaces, la chronicisation de la maladie dans les contextes où l'accès à ces traitements existe, les enjeux de l'accès aux soins dans les pays du Sud et l'arrivée de nouveaux acteurs dans le champ de la prévention et de l'accompagnement. A l'échelle nationale, l'évolution des profils épidémiologiques dans les pays du Nord donne à voir ce que d'aucuns ont nommé une "normalisation" épidémiologique (Setbon, 1997). La courbe prise par l'épidémie, à l'image d'autres pathologies infectieuses au cours de l'histoire, indique un plus grand nombre de nouveaux cas dans les groupes sociaux défavorisés.

 S'agissant par ailleurs de la question de l'immigration comme catégorie du débat public, au cours des dernières années, le fossé entre la rhétorique de l'intégration et la réalité de la marginalisation sociale est devenu évident. Pour la première fois en France, la question des discriminations raciales et ethniques est apparue comme un problème social demandant des mesures politiques spécifiques. Ceci constitue un changement radical dans la représentation publique du "problème de l'immigration" (De Rudder et al, 2000).

 C'est donc sous l'angle, en premier lieu des inégalités sociales de santé, et en second lieu des enjeux liés aux discriminations qu'il devient aujourd'hui possible d'aborder la question immigrée dans cette épidémie.

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1- Quelques remarques sur certaines formes de catégorisation à l'œuvre dans l'épidémie

 Vulnérabilité et spécificité

 Les notions clés dans les discours scientifiques et le jargon des institutions internationales se succèdent dans le temps : de l'utilisation de "groupe à risque" on est passé à celle de "comportement à risque" puis à celle de vulnérabilité, individuelle et/ou collective. De nombreuses problématiques relatives à la prévention sont aujourd'hui pensées à travers cette catégorie globalisante. Or certaines critiques ont été faites de l'écart existant entre les concepts et les réalités sociales auxquels ils peuvent se rapporter (Delaunay, 2000).

 A titre d'exemple, quand il est question de plus grande vulnérabilité des femmes face au sida, on établit une corrélation entre plusieurs niveaux de réalités (physiologiques, sociales, économiques, culturelles…) qui n'ont pas les mêmes implications, ni les mêmes enjeux. Plus que de vulnérabilités, on pourrait parler de susceptibilités, prédispositions, situations facilitant l'infection par le VIH (Vidal, 2000).

 En outre, les risques d'infection au VIH s'établissent en fonction de situations, mais également à partir des négociations, des conflits, des prédispositions physiologiques, des contraintes plus ou moins difficiles à gérer et à affronter selon les individus.

 Enfin, l'utilisation de la notion de vulnérabilité induit bien souvent une passivité des personnes dites vulnérables. Or, la présence d'un ensemble d'acteurs associatifs aujourd'hui vient nous rappeler la diversité des formes de réponses sociales à l'épidémie au sein d'un milieu lui même très hétérogène, ce que la catégorie "migrant" tient parfois à gommer.

 

 La catégorie "Migrants"

 Toute réalité sociale est enjeu de luttes qui sont d'abord des luttes pour nommer. Le terme de "migrant" est un exemple de cette loi et il s'agira brièvement d'examiner les différentes analyses qui peuvent être faite d'un consensus autour du terme de "migrant" dans les écrits aussi bien que dans le label des postes, groupes ou commissions des associations et des institutions en charge de la lutte contre le sida.

 Tout d'abord, le terme est hérité de la tradition anglo-saxonne de santé publique, au sein de laquelle des dispositifs institutionnels obligent à la représentation des diverses communautés dans une perspective de santé communautaire1. La fréquentation des conférences internationales dans le cadre de la lutte contre le sida peut expliquer en partie l'adoption de ce terme alors qu'il n'existait pas en France de prévention ciblée.

 Par ailleurs, le terme "migrant" sous-entend le voyage, et un état provisoire, transitoire, dont Sayad a dit qu'il était un des schèmes constitutifs des représentations liées à l'immigration. Il est à noter que le terme est utilisé dans le cadre de programmes ou d'actions qui ciblent également les immigrés deuxième génération vivant dans les "quartiers". De plus, le flou induit par le terme, qui n'est porteur d'aucune précision sur la situation administrative des personnes, permet de traiter et faire financer des actions en direction de populations en situation illégale, par exemple dirigées vers la prostitution clandestine.

 Enfin, le terme est utilisé, que ceci soit implicite ou explicite, pour remplacer les termes immigrés ou étrangers, qui sont connotés trop péjorativement comme le souligne le directeur d'une association issue de l'immigration en juin 1999 : "En fait c'est un mot assez facile aujourd'hui pour nous pour dire "ceux qui sont originaires de l'autre côté". L'utilisation du mot immigré et migrant n'est pas en elle-même négative mais péjorative. J'aurais aimé qu'on parle de résidents étrangers. Chez moi en Tunisie les français qui sont installés on dit pas que c'est des immigrés, on dit que c'est des résidents étrangers."

 Ainsi à la place du terme de " migrants ", on préfèrera parler ici de ce qu'Abdelmalek Sayad nomme le phénomène migratoire, ce dernier étant toujours et avant tout le produit d'une relation de domination (Sayad, 1983). Ce qui constitue le phénomène migratoire comme fait social sont les deux termes du processus, à savoir l'émigration-immigration. Le phénomène migratoire ainsi défini comporte donc des enjeux aussi bien dans les sociétés de départ, productrices d'émigrés, que dans les sociétés dites d'accueil, productrices d'immigrés. (Sayad, 1991).

 Il relève du culturalisme ordinaire d'assigner l'émigré/immigré à sa culture d'origine : la trajectoire migratoire est toujours la confrontation de normes entre sociétés différentes. Elle est aussi bien souvent dans le même temps un projet d'ascension sociale, au sein duquel l'arrivée de la maladie constitue le symptôme et le paradigme de l'échec.

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2- Des contraintes contextuelles spécifiques liées à la question du phénomène migratoire au sein des inégalités sociales de santé

 L'impact des théories des origines sur les représentations de la maladie : la dimension politique des représentations liées au sida

 L'anthropologie de la maladie a montré combien les représentations de la maladie mettaient en œuvre dans toutes les sociétés les questions " Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ", dont découlent un ensemble de causalités sociales, d'explications, et de théorie des origines de la maladie.

 Ainsi, la théorie des origines mise en œuvre par l'épidémiologie nord-américaine dans le cadre de l'épidémie de sida a tendu à caractériser les " 4 H " (homosexuels, héroïnomanes, hémophiles et haïtiens) comme vecteurs, et donc responsables, de l'émergence et du développement de l'épidémie.

 Les travaux de Paul Farmer sur les relations entre Haïti et les Etats-Unis montrent combien c'est le paradigme de la mise en accusation qui structure la construction des représentations du sida dans les deux sociétés, lesquelles renvoient également à des relations géopolitiques et historiques de domination. Ainsi, tandis que les haïtiens étaient stigmatisés comme "groupe à risque" au début des années 80 en Amérique du Nord, la mise en accusation s'est traduite par le déni de l'existence de l'épidémie en Haïti, et la mise en accusation inversée du sida comme étant une maladie de "blancs".

 Le parallèle est dès lors frappant avec ce qui s'est noué entre l'Europe et l'Afrique dans les premières années de l'épidémie (Dozon et Fassin, 1989). Loin d'être abstraite, cette question de la dimension politique de la théorie des origines a des effets très concrets en termes de prévention : l'une des premières questions posée dans le cadre de séances de prévention en foyers est bien souvent celle de l'origine du sida.

 Des variables socio-démographiques spécifiques : la normalisation épidémiologique du VIH en Europe, et l'interaction avec les institutions

 On dit souvent que les personnes étrangères et/ou immigrées connaissent les mêmes problèmes que les personnes de statut économique et social équivalent. Ce faisant, on oublie et passe sous silence le fait que les personnes étrangères sont sur-représentées parmi les populations précaires. Par ailleurs, les enjeux juridiques et administratifs concernent de manière spécifique les personnes étrangères : les discriminations et la méconnaissance des droits peuvent constituer des éléments entravant l'accès aux soins (Fassin et al, 2001). La dimension linguistique, notamment à une période où l'accès à l'alphabétisation est de plus en plus difficile, et où l'interprétariat est peu sollicité par les professionnels, constitue également une dimension spécifique.

 

Le modèle français et l'épouvantail du communautarisme

 Si toutes les épidémies constituent des épreuves de fond pour les sociétés dans lesquelles elles s'inscrivent, l'appréhension d'une vulnérabilité spécifique des populations étrangères et/ou immigrées constitue de manière exemplaire une épreuve de fond pour le modèle institutionnel français qui ne reconnaît en théorie face à l'Etat que des citoyens abstraits sans distinction de race, de genre, de classe et de religion.

 A cet égard, un des grands évènements dont il faut rendre compte, est la première publication officielle en avril 1999, des chiffres de prévalence, d'accès au dépistage et aux soins dans la population étrangère résidant en France dans le cadre d'un rapport de l'Institut National de Veille Sanitaire qui marque une rupture significative sous au moins deux aspects.

 En premier lieu la raison d'Etat avait conduit pendant longtemps à ne pas officialiser de données épidémiologiques. Ces informations circulaient toutefois de manière officieuse dans le monde des associations de lutte contre le sida depuis 1994 : certaines indications épidémiologiques étant même données dans le cadre d'un rapport réalisé par Yasmine Marzouk en 1991 à la demande du Conseil National du Sida sur les " Femmes musulmanes et le sida ", et reprises en 1997 dans un rapport d'Arcat-Sida. Cette officialisation permet d'ouvrir un débat plus transparent : non seulement le sujet ne relève plus du secret d'Etat, mais la diffusion des statistiques leur fait perdre un pouvoir de nuisance polémique. (ANRS, 2002).

En second lieu, cette publication déplace la préoccupation centrale des autorités sanitaires du thème implicite d'un risque de contagion de la population française par des immigrés fortement infectés par le virus aux questions de lourd tribut payé par eux à la maladie, du retard au diagnostic de l'infection et de l'accès difficile au traitement : les étrangers ne sont plus vus comme vecteurs potentiels, mais comme victimes effectives.

 Néanmoins, Jocelyne Streiff Fénart souligne par ailleurs combien le modèle français connaît dans le même temps un paradoxe et une anomalie : la reconnaissance du fait de la discrimination ethnique en l'absence de concept d'ethnicité. Or l'ethnicité est une des données de l'organisation sociale (Barth, 1995), sans être la seule. Il s'agit donc, et là est tout l'enjeu, de prendre en compte celle-ci comme une des variables constitutive des références et appartenances des personnes, sans toutefois les assigner en totalité et uniquement à celle-ci. La catégorisation abusive amène en effet vers ce que Colette Guillaumin avait remarquablement explicité il y a déjà longtemps : " Alter appartient lui à la race repérée. Il est relativement. Aucune de ses particularités individuelles n'est autre chose que l'incarnation de sa race entière, il n'est pas individu mais morceau d'un ensemble. Cet ensemble, race, sexe, groupe ou classe, est une catégorie, et non l'humanité." (Guillaumin, 1972).

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 3- Les thèmes des ateliers les femmes, les foyers et les jeunes

 Les femmes

 S'agissant des femmes, il semble plus que nécessaire de les intégrer dans une réflexion sur l'immigration, car les trajectoires migratoires féminines constituent une donnée incontournable en ce début du XXIème siècle. Jusqu'à une période récente, elles ont été largement absentes des discours et des imaginaires concernant les mouvements de populations (Green, 2002).

 Ainsi, dans le cadre d'une recherche sur les marocaines entrées seules en France, Nassima Moujoud souligne que les données statistiques passent sous silence l'existence même du parcours actif de la migration féminine, qui n'est pensée que dans le cadre du regroupement familial. La représentation dominante est alors celle de la femme mineure assignée au statut familial. Or ce sont souvent des statuts stigmatisés dans la société d'origine qui les poussent à partir, en contexte de veuvage ou de divorce : l'exclusion des groupes de la même origine s'ajoute aux discriminations subies en tant qu'immigrées souvent en situation irrégulière.

 

 Les foyers

 Comme pour bien d'autres problématiques, le sida a joué le rôle de révélateur social. Ainsi, la question des foyers souligne également les limites de l'exceptionnalisme en matière de sida : ce sont bien des enjeux plus globaux de santé publique, et de relégation sociale et spatiale de certains groupes vis-à-vis des dispositifs existants qu'il s'agit de prendre en compte. Néanmoins, les foyers accueillent un type de trajectoires migratoires et ne saurait être prise comme l'unique lieu d'intervention des actions de préventions, comme l'a souligné Abdon Goudjo.

 Depuis le début des années 90, des actions sont menées dans les foyers. Après plus de dix ans, un bilan semble donc possible, mais également une réflexion autour des stratégies mises en place par ces nouveaux acteurs que constituent les personnes africaines vivant avec le VIH dans ce cadre spécifique d'interventions.

 

Les jeunes

A l'école, les enfants des immigrés ont des niveaux nettement inférieurs à la moyenne nationale; ils redoublent plus et plus précocément, sont sur-représentés dans les filières techniques courtes et sous-représentés dans l'enseignement supérieur. S'il est vrai que ces caractéristiques ne les distinguent guère de leurs condisciples français de condition sociale identique, leur insertion professionnelle témoigne en revanche de difficultés spécifiques. Les études récentes (Tribalat, 1995) montrent que, à diplôme équivalent, les jeunes gens d'origine algérienne sont beaucoup plus chômeurs que les autres et ont plus souvent des emplois précaires, à durée déterminée. Elles montrent aussi que pour les jeunes en provenance du Maghreb qui ont franchi les obstacles et accédé aux niveaux d'éducation supérieure, l'inégalité persiste, laissant supposer des pratiques discriminatoires à l'embauche.

 Dans ce contexte, les travaux de Christelle Hamel par exemple montrent combien la question des rapports de genre et de la montée du virilisme est éminemment liée à ce contexte de discriminations sociales plus globales. D'autres travaux (Flanquart, 2003) soulignent la spécificité du rapport à des systèmes de normes différents en contexte de seconde génération.

 La question reste ouverte cependant de la pertinence et des constructions de cette catégorie cible au sein des actions de prévention.

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4-Vrais enjeux et faux problèmes

 L'opposition entre culture et société

 Toutes les sociétés ont des différences internes, aucune ne peut s'identifier intégralement à une culture homogène. La culture, souligne Marc Augé (1994), peut être conçue comme étant le social représenté : il s'agit de dépasser l'inanité du fait d'opposer le social et le culturel.

 

La question du modèle français

 L'opposition ne serait pas tant entre assimilation et multiculturalisme qui peuvent n'être que deux façons d'enfermer les individus dans une seule communauté d'appartenance, celle des citoyens ou celle du groupe ethnico-religieux, qu'entre dénégation ou reconnaissance de la pluralité et de la fluidité des appartenances.

 La reconnaissance de l'ethnicité comme variable parmi d'autres de l'organisation sociale implique non pas le culte du métissage "mais le rappel du métissage de fait dont les cultures sont depuis toujours l 'objet : les cultures spécifiques sur lesquelles les minorités fondent leur prétention à la reconnaissance sont ni plus ni moins imaginaires que les mythes fondateurs sur lesquels les Etats universalistes fondent leur prétention à les assimiler" (Poutignat et Streiff-Fénart, 1998). C'est à cette condition qu'il sera enfin possible de mettre en œuvre un " universalisme concret " (Dozon, 1997) qui tienne compte de la multiplicité des réalités locales de l'épidémie à VIH.

 En fin de compte, il s'agit de souligner la conséquence paradoxale de la politique anti-discrimination à la française : pour éviter d'enfermer les individus dans des groupes ethniques, elle les enferme dans une identité de personnes stigmatisées, leur propension à être discriminées devenant en quelque sorte l'attribut qui les définit comme groupe social.

 Or, la diversité des réponses sociales à la maladie dans les réseaux sociaux issus de l'immigration et les formes de mobilisation et de solidarité s'organisant à l'occasion de la maladie, contribueront à relativiser ce dernier stéréotype en restituant la complexité des enjeux et des initiatives actuellement à l'œuvre.

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Bibliographie

 

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 CONSEIL NATIONAL DU SIDA, La situation des personnes atteintes par le VIH de nationalité étrangère et en irrégularité de séjour, Paris, CNS, 1995

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 FASSIN D., L'indicible et l'impensé : la "question immigrée" dans les politiques du Sida, Sciences sociales et santé, 1999, vol. 17, n°4

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 FLANQUART H., Croyances et valeurs chez les jeunes Maghrébins, Editions Complexe, 2003

 GOOD B., Comment faire de l'anthropologie médicale ? Médecine, rationnalité, vécu, Paris, Les empêcheurs de penser en rond, 1998, 433 p.

 GREEN N.L., Repenser les migrations, PUF, 2002

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 SAYAD A., La double absence. Des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré, Paris, Seuil, Collection Liber, 1999, 437 p.

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 SHABOU A., Représentations et conduites face au Sida des personnes migrantes et issues de l'immigration de référence culturelle maghrébine, Rapport à l'ANRS, à la DGS, à ECS, au FAS, 1998

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 TRIBALAT M., Faire France. Une enquête sur les immigrés et leurs enfants, Paris, La Découverte, 1995

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