Le point sur
L'épidémie de sida en Provence-Alpes-Côte d'Azur
La surveillance de l'épidémie de sida repose sur deux dispositifs, la déclaration obligatoire des cas de sida et la notification obligatoire des diagnostics d'infection à VIH, mise en place depuis 2003.
Ces deux indicateurs permettent de suivre de façon complémentaire l'évolution de l'épidémie, même si les délais de déclaration induisent parfois des retards marqués dans les statistiques publiées.
Les indicateurs montrent une épidémie persistante en région PACA et active avec un nombre de nouvelles séropositivités par million d'habitants la plaçant toujours en deuxième position de France métropolitaine. L'incidence la plus élevée, tant en nouveaux cas de sida qu'en nouvelles séropositivités par million d'habitants, est toujours dans les Alpes-Maritimes.
Déclaration des cas de sida
Avec 7 485 cas de sida déclarés au 31 décembre 2006, la région PACA est la deuxième région de France la plus touchée par l'épidémie de sida, après l'Ile-de-France. La France présente un taux de 998 cas de sida par million d'habitants, en PACA, le taux se situe à 1 592 cas de sida par million d'habitants. Le nombre de cas de sida en PACA représente 12,06% des cas de sida déclarés en France depuis le début de l'épidémie (PACA = 7,5% de la population française).

Deux départements ont une prévalence particulièrement élevée : les Alpes-Maritimes avec 2 912 cas de sida cumulés depuis le début de l'épidémie et les Bouches-du-Rhône avec 2 809 cas. Mais le taux par million d'habitants est très différent entre ces deux départements puisque l'on note 2 755,1 cas par million d'habitants dans le 06 et 1 484,1 dans le 13.

Décès liés au sida
Sur les 7 485
déclarations de sida, 4 406 sont
décédées.
3 079 personnes vivent au stade sida de l'infection à VIH en
région PACA, ce qui représente 11,5% des personnes
vivant avec le sida en France.

En 2006, 21 décès ont été déclarés en PACA parmi les cas de sida, ce qui représente 9,7% des cas de sida décédés en France en 2006.
Caractéristiques des nouveaux cas de sida
Les femmes représentent 28,1% des nouveaux cas de sida en 2004 et 33,7% en 2005. L'épidémie évolue vers une féminisation comme sur le reste du territoire français (les femmes représentent 32,5% des nouveaux cas de sida en France en 2005).

En 2005, parmi les nouveaux cas de sida, 44% sont liés à une contamination par rapports hétérosexuels, 30% par rapports homosexuels et 19% à un usage de drogues par voie intraveineuse.
On note donc une évolution marquée par une majorité de cas de sida liés à une contamination par relations hétérosexuelles et une diminution des cas de sida liés à l'usage de drogues par voie intraveineuse grâce aux politiques de réduction des risques mises en place dans la région. Ce mode de contamination historique dans la région PACA représente toujours plus de 42 % du total des cas de sida.

En région PACA, en 2005, 36% des cas de sida concernent des personnes qui ignoraient leur séropositivité avant le stade sida. Cette proportion de diagnostic tardif, au stade sida, est nettement meilleure en PACA qu'en France où elle se situe à 48% en 2005.
Cependant, depuis 2002, ce pourcentage de diagnostic tardif est en progression en région PACA (26% en 2002, 28% en 2003, 30% en 2004, 36% en 2005) alors qu'il se stabilise plutôt en France (49%, 47%, 45%, 48% de 2002 à 2005). En résumé, en France le nombre de dépistages tardifs au stade sida est mauvais mais stable, alors qu'en PACA, il est meilleur mais évolue dans la mauvaise direction.
Les nouveaux cas de sida concernent en 2006, 80,8% de personnes de nationalité française en région PACA. Seuls 5,8% des cas concernent des personnes originaires de pays d'Afrique subsaharienne. Cette situation est très différente de la situation globale française (très influencée par l'épidémiologie de la région Ile-de-France) où la nationalité française représente 58,8% des cas de sida en 2006 et les personnes originaires de pays d'Afrique subsaharienne 26,6% des cas.
Diagnostics d'infection à VIH - découvertes de séropositivités
La notification obligatoire du VIH a été mise en
place en 2003 et permet de comptabiliser les nouveaux diagnostics
d'infection à VIH, c'est-à-dire les découvertes
de séropositivité.
En région PACA, la montée en puissance du dispositif s'est opérée sur les trois ans avec une augmentation constante des nouveaux diagnostics.

Modes de contamination
Les rapports hétérosexuels représentent 53% des nouvelles contaminations. Les contaminations par usage de drogues par voie intraveineuse ne représentent que 5% des découvertes de séropositivité. (Pour mémoire, les UDVI représentent 42,3% des cas de sida cumulés en PACA.) Ceci reflète l'efficacité de la politique de réduction des risques mise en place en France et en région PACA.

On note donc une très nette évolution de l'épidémie d'infection à VIH qui historiquement en région PACA prédominait chez les usagers de drogues par voie intraveineuse et qui marque là, la réussite de la réduction des risques dans cette population, portée par une volonté politique forte des pouvoirs publics en PACA.
Genre
En région PACA, l'épidémie se féminise et la proportion de femmes dans les nouveaux diagnostics rejoint les chiffres relevés en France. D'autant plus important que les statistiques nationales sont fortement influencées par l'IDF avec un nombre important de femmes africaines diagnostiquées.

Nationalité
La répartition par nationalité des découvertes de séropositivités en PACA montre une très importante augmentation de déclaration dans la population d'origine d'Afrique subsaharienne en 2005.

Bien que dans une proportion moins importante qu'en région Ile-de-France, cette augmentation de diagnostic VIH dans la population d'Afrique subsaharienne est nette et significative. Elle est à rapprocher du plan régional de lutte contre le VIH dans les populations migrantes dont les actions ont probablement permis de faciliter l'accès au dépistage pour ces personnes.

Le pic observé en 2005 traduit l'initiation des actions d'incitation au dépistage. Il convient de surveiller une baisse éventuelle qui pourrait être due à l'application des nouvelles règles sur l'immigration avec des populations qui ne bénéficieraient plus du dépistage.
Stade clinique
Parmi les découvertes de
séropositivité de 2003 à 2006, en région
PACA, 17% sont au stade sida. Pour 30% des personnes, le motif
du dépistage était la présence de signes
cliniques, 21% avaient présenté un risque d'exposition
au VIH.
En 2006, 12% sont au stade sida. Pour 27% des personnes,
le motif du dépistage était la présence de
signes cliniques, 25% avaient présenté un risque
d'exposition au VIH.
Infection récente
Le résultat du test
d'infection récente est disponible pour 75% des personnes
dépistées.
24% d'entre elles présentent une infection récente,
datant de moins de 6 mois.
Cette proportion est stable et correspond à la moyenne
française. Ce pourcentage montre en tout cas que l'on peut
certainement améliorer l'offre de dépistage pour
obtenir un taux plus important de diagnostic précoce
après une contamination.
Activité de dépistage en PACA
L'activité de dépistage du VIH (hors don du sang) fait l'objet d'une surveillance particulière au niveau national et par région. En PACA, 85% de l'ensemble des laboratoires participent à cette surveillance.
En 2006, près de 502 000
tests de dépistage ont été
réalisés en PACA, soit 106 sérologies pour 1 000
habitants.
Le nombre de sérologies positives est de 739 pour
l'année 2006, soit 156 sérologies positives par million
d'habitants, ou 1,5 sérologies positives pour 1 000
tests.
La région est la deuxième région de France métropolitaine derrière l'Ile-de-France tant pour le nombre de dépistages réalisés pour 1 000 habitants que pour le nombre de sérologies positives par million d'habitants.
Conclusion
Les données statistiques issues de la déclaration obligatoire des découvertes de séropositivité et des cas de sida en Provence-Alpes-Côte d'Azur montrent une épidémie toujours très active.
En région PACA, l'épidémie de sida est ancienne, parmi les premières d'Europe, les premiers cas de sida sont apparus quasi concomitamment en PACA, à Paris et aux Etats-Unis.
Historiquement, l'épidémie a concerné majoritairement dans notre région les usagers de drogue par voie intraveineuse. La politique de réduction des risques menée de façon très volontariste depuis une douzaine d'années a porté ses fruits avec le résultat spectaculaire de 5% de personnes contaminées par ce mode en 2006.
En revanche, le nombre de nouvelles contaminations continue de progresser, contaminations principalement par relations hétérosexuelles mais aussi par relations homosexuelles. Comme dans le reste du territoire français, ces nouvelles contaminations sont à relier à un relâchement des comportements de prévention.
Pour mémoire, la région PACA est une région particulièrement concernée par l'immigration. On voit depuis deux ans évoluer les diagnostics d'infection à VIH dans les populations concernées avec une très nette augmentation des migrants parmi les découvertes de séropositivité. Cette augmentation est liée à un meilleur accès à l'information et au dépistage.
En région PACA, s'y ajoute la notion de réservoir important de virus. En effet, on décompte huit fois plus de nouvelles contaminations par le VIH chaque année que de décès, ce qui augmente progressivement le nombre de personnes vivant avec le VIH.
Les personnes vivant avec le VIH ont de plus, en 2008, une espérance de vie augmentée et une meilleure qualité de vie. Actuellement la région PACA représente 7,5% de la population française et 11,5% des personnes vivant au stade sida en France, résident dans notre région.
Le risque est donc plus important en région PACA de rencontrer le virus VIH pour les personnes ayant un comportement à risque.
Bibliographie
INSTITUT DE VEILLE
SANITAIRE
Lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement
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