Actualités sur l'infection à VIH

Dossier de presse

novembre 2006

Sommaire

Introduction

Epidémiologie

Prévention
retraitPrévention en population générale
retraitPrévention ciblée à destination des populations vulnérables

Vie quotidienne et prise en charge

Les traitements

La lutte contre les discriminations

Conclusion

Les nouvelles actions de lutte et de prévention contre le sida et les Infections Sexuellement Transmissibles
Discours de Xavier Bertrand, Ministre de la Santé et des Solidarités Lundi 27 novembre 2006

 

 

Introduction

1er décembre 2006: Journée Mondiale de Lutte contre le Sida

La devise cette année c'est Stop SIDA, tenons notre promesse. Le monde a promis de stopper la propagation du sida et de commencer à inverser la tendance d'ici 2015. Des engagements ont été pris, par exemple, pour favoriser l'accès aux traitements dans les pays les plus pauvres et pour renforcer la prévention.

Mais le chemin est long. Dix ans après l'arrivée des trithérapies, le constat est dur : en 2006, lorsqu'une personne commence son traitement, dix autres personnes dans le monde sont contaminées.

En France, l'année 2005 a été consacrée au Sida, Grande cause nationale, afin d'exprimer le refus de la banalisation, d'encourager la mobilisation citoyenne et de soutenir l'action des associations. Les différents thèmes déclinés chaque mois, dépistage, place du malade dans la société, femmes, recherche, jeunes, homosexualité et sida, solidarité envers les malades, migrants, discrimination et toxicomanie, ont permis de remobiliser les acteurs, les décideurs et le grand public autour du sida.

La dernière enquête sur les connaissances, attitudes, croyances et comportements des français face au sida montre que le niveau de crainte vis à vis de la maladie est le plus faible enregistré depuis 1994 alors que le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida augmente. Les résultats laissent suggérer une moindre visibilité du sida accompagnée d'un certain désintérêt et la perception d'une maladie chronique dont les enjeux se sont déplacés à la fois géographiquement - essentiellement vers les pays du Sud - et politiquement. Cependant, plus de 25 ans après le début de l'épidémie, l'infection à VIH et le sida restent en France, un problème majeur de santé publique avec plus de 7 000 nouvelles contaminations par an.

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Epidémiologie

Dans le monde

Dans le monde, en 2005 on estime à 38,6 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH et à environ 5 millions le nombre de nouvelles contaminations.

L'Afrique subsaharienne reste la zone géographique la plus touchée avec 24,5 millions de personnes vivant avec le VIH, représentant les deux tiers des personnes infectées dans le monde.

Afin de faciliter l'accès aux traitements dans les pays du Sud, l'OMS et l'ONUSIDA ont élaboré en 2003, la stratégie " 3 by 5 " ou " 3 millions d'ici 2005 ". Le but était de mettre trois millions de personnes vivant avec le VIH/sida sous traitement dans les pays à faible ou moyen revenu, d'ici la fin de l'année 2005. Les objectifs de ce programme n'ont pas été atteints (on comptait fin 2005 environ 1,3 millions de personnes sous traitement), cependant, de nombreux efforts ont été réalisés et ont permis d'améliorer la situation en particulier dans les pays à faible revenu.

En 2003, environ 30 000 personnes étaient traitées en Afrique subsaharienne, fin 2005, c'est 800 000 personnes qui ont eu accès aux thérapeutiques antirétrovirales.

 

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en France

 

Avec plus de 7 400 cas de sida déclarés, la région PACA reste la plus touchée après l'Ile-de-France par cette épidémie et le département des Bouches-du-Rhône est particulièrement concerné.

Notre région a été marquée historiquement par une forte proportion de contaminations par usage de drogue par voie intraveineuse. Les programmes de réduction des risques mis en œuvre avec succès, mise à disposition de matériels d'injection stériles, traitements de substitution et actions de prévention, ont permis de réduire considérablement ce nombre. Depuis 1997, les principaux modes de contamination, rapports hétérosexuels, homosexuels et usage de drogues injectables représentent chacun environ un tiers des nouveaux cas de sida chaque année.

Grâce à l'avènement des nouvelles thérapies antirétrovirales en 1996-1997, le nombre de personnes passant au stade sida chaque année a très nettement diminué.

 

 

Créé en 2003, le dispositif de déclaration obligatoire de séropositivité s'est mis en place progressivement. De janvier 2003 à décembre 2005, 11 270 nouveaux diagnostics ont été notifiés. L'Institut de Veille Sanitaire estime à plus de 7 000 le nombre de personnes découvrant leur séropositivité chaque année en France. Parmi les personnes découvrant leur séropositivité en 2005, les rapports sexuels représentent 55 % des modes de contaminations. Les femmes se contaminent plus jeunes que les hommes.

 

La reprise de l'épidémie notée depuis plusieurs années est liée à un relâchement des comportements de prévention et il est donc important de maintenir et de renforcer un dispositif fort de prévention, en particulier en direction des jeunes.

L'enquête sur les connaissances, attitudes, croyances et comportements des Français face au VIH/Sida (KABP) montre que le thème du sida a reculé dans l'intérêt général, la connaissance des modes de transmission est plus floue, notamment chez les jeunes, l'image du préservatif s'est dégradée et son utilisation est à la baisse. Les jeunes issus des filières professionnelles, ou ayant quitté prématurément le milieu scolaire, sont moins informés que ceux de l'enseignement général et plus vulnérables à l'infection à VIH.

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Prévention

En France, les campagnes nationales de prévention sur le sida mettent en œuvre deux grands types de dispositifs :

- un dispositif destiné à la population générale ayant pour objectif de maintenir la vigilance et d'informer les plus jeunes

- un dispositif d'actions ciblées en direction des populations les plus vulnérables vis-à-vis du VIH : populations migrantes, femmes, homosexuels et personnes vivant dans les départements français d'Amérique

La prévention en population générale

L'épidémie de sida s'est développée ces dernières années sur le terrain de la précarité, touchant des populations ayant un accès plus difficile aux soins mais aussi à la prévention et au dépistage. Les données épidémiologiques et sociologiques identifient également plusieurs groupes de population comme plus vulnérables face à l'infection à VIH.

les migrants
La prévention s'est renforcée en direction des personnes originaires des pays où l'épidémie est généralisée tels que l'Afrique subsaharienne. Souvent accentuée par une situation quotidienne d'exclusion, la précarité des migrants/étrangers renforce les difficultés liées à la barrière de la langue et de la culture pour l'accès à la prévention et aux soins concernant le VIH.

Les personnes de nationalité étrangère représentent, fin 2005, un tiers des cas de sida en France et 43 % des déclarations de nouvelle séropositivité.

La réduction des inégalités de prise en charge du VIH/sida entre la population étrangère et la population française est l'un des objectifs prioritaires du plan national de lutte contre le VIH 2004/2006.

Différents facteurs de vulnérabilité ont été identifiés parmi lesquels :

- la précarité et l'isolement,
- un accès au dépistage et aux soins restreint,
- un accès à l'information et à la prévention limitée.

Il est donc important de renforcer les dispositifs de prévention dans le domaine de l'infection à VIH en direction des populations étrangères et des migrants ainsi qu'en direction des professionnels travaillant avec ces populations.

les homosexuels
Les résultats des enquêtes "Presse Gay" rejoignent les données de surveillance des Infections Sexuellement Transmissibles, montrant une progression des prises de risques au sein de la population homosexuelle, y compris chez les jeunes.

les femmes
Les données du dispositif de déclaration de séropositivité montre que les femmes représentent près de la moitié des nouvelles contaminations (41%). La plus grande vulnérabilité des femmes vis à vis du VIH s'explique par des facteurs biologiques et physiologiques mais aussi par des pressions sociales et économiques, voire affectives ou culturelles qui ne leur permettent pas toujours d'assurer leur prévention.

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Vie quotidienne et prise en charge

Comme le souligne l'enquête VESPA, les personnes infectées par le VIH sont souvent en situation de fragilité familiale et sociale. Le maintien des liens sociaux, de l'emploi et de l'insertion professionnelle constitue donc un enjeu majeur.

Par ailleurs, sida et précarité sociale sont trop souvent liés et le sida est aussi un facteur d'aggravation de l'exclusion sociale. La précarité est aujourd'hui au cœur des problèmes auxquels sont confrontées les associations de lutte contre le sida. Il s'agit d'un élément qui complexifie les autres thèmes à traiter : réinsertion, logement, emploi et gestion de la santé. Parmi les problématiques rencontrées les difficultés d'accès à une couverture sociale et au logement sont particulièrement fréquentes. Ainsi, l'estimation des besoins en hébergement en appartements de coordination thérapeutique est actuellement dix fois supérieure à l'offre.

Le Conseil National du Sida dans son avis du 27 avril 2006 rappelle son attachement à l'accès aux soins pour tous les patients quelque soit leur statut juridique et au droit de séjour pour soins qui constitue une disposition essentielle pour lutter efficacement contre l'épidémie. En effet, pour les personnes migrantes, les difficultés de régularisation du séjour et d'ouverture des droits à une couverture sociale sont les freins essentiels à la prise en charge.

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Les traitements

Bien que la recherche avance, il n'existe à l'heure actuelle aucun traitement permettant de guérir du sida.

L'objectif des traitements contre le VIH est de bloquer la multiplication du virus pour éviter l'atteinte du système immunitaire. Pour réduire la charge virale, on associe, dans le cadre des multithérapies, plusieurs médicaments agissant à différentes étapes du cycle du virus du VIH.

 

 

Certaines classes de médicaments sont utilisées depuis des années mais les laboratoires continuent à développer de nouveaux produits avec moins d'effets secondaires et aussi de nouvelles galéniques visant à faciliter le suivi des prescriptions et à améliorer la qualité de vie.

 Les différents traitements existants:

Entrée du virus dans la cellule
Il existe différents inhibiteurs d'entrée dont certains tels les inhibiteurs de liaison des corécepteurs CCR5 et les inhibiteurs de fusion sont en phase d'utilisation. En parallèle des inhibiteurs de liaison des récepteurs CD4 sont actuellement en phase de développement.

Transformation de l'ARN du virus en ADN
Les inhibiteurs de la transcriptase inverse ont pour but d'empêcher la fabrication de l'ADN viral à partir de l'ARN viral. Il existe deux types d'inhibiteurs de la transcriptase inverse : les nucléosidiques et les non-nucléosidiques.

Intégration de "l'ADN viral" dans l'ADN cellulaire
Les inhibiteurs d'intégrase visent à empêcher l'ADN viral de s'intégrer dans le noyau de la cellule pour pouvoir commander la fabrication de nouveaux virus.

Assemblage des protéines du virus
Les antiprotéases sont des inhibiteurs ayant pour cible la protéase du VIH, l'enzyme qui participe à la synthèse des protéines virales à l'intérieur de la cellule.

Les anti-maturation
Une nouvelle famille de molécules est à l'étude : les anti-maturation qui stoppent la maturation d'une partie de l'enveloppe virale ce qui aboutit à la libération de virus non fonctionnels.

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Lutte contre les discriminations

L'enquête réalisée en 2005 par l'association Sida Info Service montre que plus de 6 personnes sur 10 ont déclaré avoir été discriminées du fait de leur séropositivité : 71,9% dans la vie sociale et 63,3% dans la vie privée.

Les peurs et les représentations liées à la méconnaissance des modes de transmission du VIH apparaissent comme les principales causes des comportements discriminants.

Face aux insuffisances du dispositif de lutte contre les discriminations mises en évidence dans le rapport Stasi, le gouvernement a créé la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) en mars 2005. Cette instance a pour but d'assurer la promotion de l'égalité, notamment en recevant les réclamations de particuliers s'estimant discriminés, et d'émettre des recommandations et des codes de bonnes pratiques à destination des pouvoirs publics et des fédérations de professionnels. La HALDE, autorité administrative indépendante compétente pour tout type de discrimination, a reçu début 2006 quelques dossiers concernant des personnes séropositives.

En parallèle au dispositif de lutte contre les discriminations constatées, l'accent est mis sur des campagnes d'information travers les médias tels que la télévision et la radio, afin de sensibiliser le grand public. Ainsi en 2006, différentes campagnes ont été réalisées dans le but d'amener les gens à s'interroger sur leur propre comportement face à une personne dont ils apprendraient la séropositivité.

La prévention des discriminations passe par des campagnes d'information et de sensibilisation mais aussi par la mise en place de démarches participatives. Ainsi, le CRIPS Ile-de-France et le GEPS, groupement d'études et de prévention du suicide, viennent de lancer un concours d'idées de courts métrages intitulé " Scénarios contre les discriminations ". Ce concours, ouvert à tous, se déroule d'octobre 2006 au 28 février 2007 et les scénarios sélectionnés donneront lieu à la production de courts métrages qui seront diffusés sur les chaînes de télévision et dans les salles de cinéma.

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Conclusion

La France s'est dotée de différents dispositifs d'étude de l'épidémie de l'infection à VIH permettant d'analyser l'évolution des contaminations et d'identifier les comportements à risque ainsi que les facteurs de vulnérabilité.

Des campagnes de prévention visant à la fois le grand public et des populations plus vulnérables, cherchent à promouvoir les moyens de prévention. En direction du public jeune, les actions de prévention s'appuient sur leur implication et la création de leurs propres messages mais essaient aussi de les faire réfléchir sur leurs comportements et de les sensibiliser aux difficultés de la prévention.

Les traitements antirétroviraux ont transformé le visage de la maladie en permettant de contrôler l'évolution de l'infection mais pas de guérir. Les malades sont contraints d'adapter leur mode de vie à la prise très régulière d'antirétroviraux et de gérer leurs éventuels effets secondaires, ce qui peut entraîner des difficultés dans leurs interactions avec leur environnement social. Ils sont aussi confrontés à de trop nombreuses attitudes de discrimination.

L'ensemble de ces informations montre que plus de 20 ans après la découverte du virus, l'infection à VIH doit rester en France une priorité tant médicale et sociale que politique.

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