Le point sur les hépatites
Hépatite C : contexte national
Les résultats d'une enquête nationale réalisée en 2004 par l'InVS en partenariat avec la CNAM montrent une prévalence des anticorps anti-VHC dans la population âgée de 18 à 80 ans de 0,84% ce qui correspond à environ 367 000 personnes en France.
Chez les individus ayant des anticorps anti-VHC, la prévalence de l'infection chronique est estimée à 65%. En population générale, cette prévalence est donc à 0,53% soit 221 000 personnes présentant une infection chronique par le VHC.
- La prévalence des anticorps anti-VHC varie en fonction du sexe : 0,66% chez les hommes contre 1,02% chez les femmes.- Cette prévalence varie également avec l'âge : la plus élevée est retrouvée chez les personnes de 45 à 49 ans (2,28%) et la plus faible (0,04%) chez les jeunes de 18 à 24 ans.
- De plus, elle est trois fois plus élevée chez les personnes en précarité sociale : 2,49% pour les bénéficiaires de la CMU contre 0,74% pour les non-bénéficiaires.
L'analyse multivariée des résultats permet d'identifier différents facteurs associés à la présence d'anticorps anti-VHC :
- l'usage de drogues par voie injectable ou par voie nasale,- des antécédents de transfusion sanguine avant 1992
- des antécédents de tatouage
- le fait d'être né dans un pays où la prévalence de l'infection à VHC est élevée.
Globalement, on estime qu'environ 57% des sujets ayant une séropositivité confirmée vis-à-vis du VHC connaissent leur statut. Notons que cette connaissance varie en fonction des facteurs de risque de contamination rapportés.
Les usagers de drogue ont tendance à être plus souvent dépistés mais ils n'ont pas toujours une connaissance exacte de leur statut (cf Coquelicot ci-dessous).
Dans le contexte du 1er programme national de lutte contre l'hépatite C (1999), l'InVS a mis en place une surveillance par les pôles de référence pour l'hépatite C. Les résultats du système de surveillance montrent que le nombre de nouveaux diagnostics est de 3 906 en 2001, 4 259 en 2002, puis commence à diminuer pour atteindre 3 417 patients en 2004.
La proportion de découverte fortuite de la sérologie VHC positive, essentiellement lors d'un bilan systématique, est passée de 41% en 2001 à 51% en 2004 (55% chez les femmes et 48% chez les hommes). Cette augmentation concerne l'ensemble des patients quelque soient les facteurs de risque de contamination rapportés.
En 2004, la proportion de découverte sur facteurs de risque est de 19% et celle relevant d'une démarche de dépistage liée à des manifestations cliniques ou biologiques est de 14%.
Les résultats de l'enquête Coquelicot montrent qu'environ 60% des usagers de drogues pris en charge sont porteurs du VHC dont 27% se croient à tort séronégatifs. Le niveau de dépistage chez les usagers de drogues est élevé puisque 91% des personnes interrogées dans le cadre de l'enquête Coquelicot déclarent avoir été testés au moins une fois dans leur vie pour le VHC.
Hépatite B : contexte national
Les résultats de l'enquête réalisée par l'InVS en partenariat avec la CNAM estiment à 0,65% la prévalence du portage de l'antigène HBs dans la population adulte âgée de 18 à 80 ans. Ceci représente environ 281 000 porteurs chroniques qui sont majoritairement de sexe masculin (les hommes sont 5 fois plus représentés que les femmes) et en situation précaire (4 fois plus de bénéficiaires de la CMU).
Concernant les anticorps anti-HBc (qui signent une hépatite B ancienne et guérie) le taux de prévalence est estimé à 7,30% soit 3,1 millions de personnes ayant eu un contact antérieur avec le VHB. Cette prévalence varie en fonction du sexe : 8,33% chez les hommes et 6,33% chez les femmes. Elle est deux fois plus élevée chez les bénéficiaires de la CMU (17,46%) que chez les non-bénéficiaires (6,67%).
Par ailleurs, la déclaration obligatoire des infections aiguës par le virus de l'hépatite B a été réintroduite en France en 2003. Les résultats montrent que sur la première année 158 cas ont été identifiés avec une prédominance de patients de sexe masculin (3 fois plus d'hommes que de femmes). Concernant les facteurs de risque potentiels, une transmission sexuelle est mentionnée dans 40,6% des cas, un voyage en pays d'endémie dans 14,5%, une transmission percutanée (soins invasifs, tatouage ou piercing) dans 14,5%, et l'usage de drogues dans 6,2%.
Notons qu'il existe un vaccin contre l'hépatite B. Le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique recommande la vaccination systématique de tous les enfants avant l'âge de 13 ans, en privilégiant la vaccination du nourrisson. Sont également concernées les personnes à risque élevé d'exposition : personnes ayant des pratiques sexuelles à risque, usagers de drogues, sujets au contact de porteurs chroniques du VHB et personnes voyageant dans des zones à forte endémie. Enfin, l'obligation vaccinale ne concerne que les professionnels de santé des établissements de soins ou de prévention exposés au sang et aux liquides biologiques et le personnel exposé des services d'incendie et de secours.
Situation en région PACA
L'enquête réalisée par l'InVS et la CNAM au niveau national montre que la région de résidence influence les taux de prévalence des hépatites C et B.
Ainsi, la région PACA est particulièrement touchée en ce qui concerne l'hépatite C avec un taux de portage des anticorps anti-VHC en population générale estimée à 1,3% soit l'un des plus élevés de France.
Concernant l'hépatite B, l'enquête montre pour l'inter-région Sud-Est une prévalence de 0,52% pour le portage de l'antigène HBs et de 7,03% pour le portage de l'anticorps anti-HBc.
Dans le cadre du Programme Régional de Santé " Agir contre l'hépatite C " en PACA, prolongé par le programme 15 du PRSP, un dispositif de surveillance continue a été mis en place en 2004 auprès des CDAG et des Centres d'examen de Santé effectuant des tests de dépistage en PACA.
Les résultats disponibles pour 2004 et 2005 montrent une prévalence du VHC chez les consultants testés de 2,3% (209 cas pour 8 993 tests réalisés) et un taux de cas nouvellement testés de 1,6% (142 cas) en 2005.
On note une prévalence plus importante chez les sujets de sexe masculin (3% en 2005) que chez les sujets de sexe féminin (1,3% en 2005).
L'usage de drogues par voie intraveineuse est identifié en 2005 comme mode de contamination présumé dans 55,2% des cas de sérologie VHC positive.
Références bibliographiques
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Surveillance continue du virus de l'hépatite C dans les centres de dépistage anonyme et gratuit et centres d'examen de santé de la région PACA : synthèse de l'analyse des données recueillies au cours de l'année 2004
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Surveillance continue du virus de l'hépatite C dans les centres de dépistage anonyme et gratuit et centres d'examen de santé de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur
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